Armoiries géorgiennes
Style classique, début XIXe
Armoiries Loubet del Bayle
Armoiries Loubet del Bayle dans le style géorgien, style classique en pays cosaque au début du XIXe siècle. Ici, dans sa version « florale » qu’Alex a baptisé « Occitane » car décorée par des plantes occitanes : olivier, lavande et pastel des teinturiers ou guède (Isatis tincturia).
Ex libris armorié Loubet del Bayle en style ukranien du début du XXe siècle
Ex libris armorié Loubet del Bayle en style ukranien... sur une reliure ancienne.
Inspiration I
Pour la forme de l’écu, Alex s’est inspiré d'armoiries ukrainiennes datant du début du XIXe siècle.
Armoiries de la famille Prus-Glowacki (Прус Прімо-Гловацькi) et celles de la famille Korczak-Horodyski (Герб Корчак-Городиські)
Armoiries de la famille Ostoïa-Domaratski (Остоя-Домарацькі)
Inspiration II
Pour la forme du casque, Alex a réinterprété le casque antiquisant dessiné par Heorhiy Narbut, artiste majeur mais peu connu hors de l’ancien Empire tsariste. Il a profondément façonné l’identité visuelle ukrainienne car il a travaillé pour l'hetmanat de Skoropadsky et la Première République de Petlioura (1918).
Détail de la page de titre du poème parodique de Kotlyarevsky, « L'Énéide »
Sceau de l’Académie d'Ukraine
Le style héraldique cosaque au début du XIXe siècle
Le partage de la Pologne en 1772 entre les trois puissances que l’histoire retiendra sous le nom des « aigles noirs » (les empires russe et austro-hongrois et le royaume de Prusse) marque un tournant décisif dans le développement de l’héraldique ukrainienne. Les territoires cosaques absorbés par la Russie impériale voient alors leur élite peu à peu fondue dans la noblesse russe, au terme d’un long processus d’enregistrement et de légitimation des armoiries qui culmine entre 1800 et 1805.
De cette recomposition politique et sociale naît une esthétique nouvelle, que l’on peut qualifier de néo-classique. Portée par le souffle du style Empire, elle se reconnaît à ses écus aux contours caractéristiques, tantôt dits « anglais », tantôt « géorgiens », et à ses heaumes évoquant l’Antiquité, coiffés de panaches somptueux.
Sur le plan visuel, les compositions héraldiques de l’époque ne sont pas sans rappeler le faste du Grand Siècle français : bannières déployées, trophées et rubans y composent des compositions généreuses. Pourtant, cette exubérance ornementale s’y trouve toujours tempérée par une discipline formelle héritée de l’idéal classique, où l’équilibre le dispute à la sobriété.
C’est ce style qui a été retenu par Alex pour réaliser les armes de Jean-Christophe. Il a commencé tout d’abord en réalisant le cimier d’entrée de jeu.
Puis il a réalisé une première version des armoiries complètes.
Avant de laisser passer un peu de temps et ajusté à la marge son dessin (ici le phylactère qui comporte la devise épouse la forme de l’écu.
Le style héraldique pré Art Deco ukrainien
Entre 1910 et 1921, l’art héraldique ukrainien connaît un nouvel essor, dans un contexte de bouleversements politiques sans précédent. Ce renouveau prend d’abord racine dans les milieux intellectuels, portés par un désir croissant de souveraineté nationale, avant d’être emporté et transformé par les révolutions et les conflits qui déchirent l’époque.
L’esthétique qui s’affirme sous le Second Hetmanat de 1918 annonce à bien des égards les codes de l’Art déco. Concentrée pour l’essentiel sur la production étatique et municipale, elle n’en dégage pas moins une identité visuelle d’une cohérence et d’une originalité frappantes, articulée autour de quatre lignes de force.
La première tient à une grammaire du contraste : couleurs franches et géométrisation des formes s’y conjuguent pour produire des compositions d’une grande lisibilité. La deuxième relève d’une démarche ethnographique, intégrant motifs populaires et réminiscences de l’ornementation traditionnelle dans un langage visuel résolument moderne. La troisième engage un dialogue avec l’histoire : le graphisme du Baroque ukrainien y est relu, distillé, réactivé par une stylisation contemporaine qui lui confère une vitalité nouvelle. La quatrième, enfin, est d’ordre technique : inspirée de la gravure sur bois et de la linogravure, cette héraldique cultive une puissance graphique brute, où la clarté structurelle tient lieu de sophistication.
C’est dans ce style qu'Alex a réalisé cet ex-libris armorié