Armoiries Loubet del Bayle
Armoiries Loubet del Bayle dans le style de l’armorial de Eichstatt.
Armoiries Loubet del Bayle dans le style de l’armorial de Scheibler.
Pas à pas en style Eichstätter
La parole est laissée à Alexis pour décrire son processus créatif :
« Je commence avec un canvas ‘de base’ qui réunit tous les éléments qui ne changent pas d’un emblasonnement à l’autre : contrairement au Scheibler, les lambrequins restent ici fixes. »
« J’ai tendance à suivre de très près les sources historiques (parfois même en mettant les modèles en calques en dessous), mais je peux souvent adapter les proportions, je cherche un équilibre historique/cohésion et beauté. L’important est le ressenti que ça provoque. (…) Vient ensuite la recherche de sources : ici il faut souvent être exhaustif et prendre tout ce qu’on a pour avoir des références qui collent ; par exemple faute de cloches, je choisis ces cornes de chasses dont le style me plaît, et qui m’informent sur l’angle et le niveau de détail des objets simples dans ce style [Voir ci-contre]. La dernière (…) est parfaite pour moi, bien lisible et caractéristique du loup ! »
« La composition est une de mes parties préférées : je considère que le ‘cadre’ que forme l’écu est un des éléments les plus caractéristiques de l’art héraldique. Je me sers souvent d’un modèle en dessous, même si je ne le respecte que peu : il s’agit avant tout d’avoir des idées de proportions. Ici, ça m’est salvateur : il manque de l’espace pour la tête, et le côté droit n’est passez chargé. »
« Parfois un élément plus important nécessite pour moi de ‘recoller’ la source et de faire des espèces de chimères originales en dessous ! Un autre aspect que j’aime dans les styles historiques, la simplicité et le ‘naturel’ du trait permet immédiatement de se faire une idée du produit final à partir de l’œuvre. »
« Je copie/colle souvent des brouillons lorsque j’ai des éléments multiples, mais jamais avec le tracé final : l’irrégularité fait partie intégrante du style pour moi ! Par contre, garder le même modèle brouillon avant permet d’avoir une consistance de formes. »
« Cette étape permet aussi de facilement corriger des problèmes qui serait plus coûteux en temps plus tard : ici l’oreille dressée du loup le rend plus fier que sa version précédente, un détail pour lequel je remercie mon ami Tourment [Noé Malcolm Renaud, NDLR] ! »
« Ça m’arrive souvent de faire l’écu puis le cimier, pour varier un peu et alterner les étapes plutôt que faire tout le brouillon ou tout le tracé d’un coup ! »
« Les références sont particulièrement utiles pour constater certains soucis, notamment les objets tenus. »
« Le tracé est terminé, place à une de mes parties préférées: le coloriage 😄. Quelques prises de référence, et j’ajoute le gueule à mon panel de couleurs à force de fignolage (il faut prendre en compte le calque de dessin de parchemin semi-transparent au-dessus, qui jaunit et éclaircit les couleurs). »
« Je commence par les parties sans tracés, griffes, langues et barres de la sphère notamment (Nota: en parlant du problème des objets tenus, j’ai modifié l’angle du bras arrière entre temps: il est bien tout seul, mais avec la sphère il est trop ‘cassé’, ça n’allait plus). Puis je remplis progressivement, de manière naturelle, en laissant dépasser, etc. »
« Quelques coloriages en plus et l’application d’une page de parchemin à faible opacité par-dessus, et c’est prêt !!! (J’attends encore quelques retours de Tourment pour d’éventuelles retouches mais normalement on est bon 👍). »
« J’en ai profité pour recadrer l'image et la signature aussi !. »
Pas à pas en style Scheibler
Alexis a réalisé ses premières esquisses en janvier 2026 en s’inspirant des exemples patiemment repérés dans l’armorial et en les dessinant sur sa tablette XpPen Artist 12. Mais laisson la parole à l’artiste:
« Le collage est de retour ici, avec les traits de construction de l'écu. »
« Je voulais plus de détails et les sommets des cloches m’ont inspirés, alors je propose des croix occitanes pour l’occasion. »
« Comme d’habitude je fais meubles par meubles; je commence par le loup en essayant de coller au modèle, mais je reste insatisfait, et un ami (Tourment) me fait remarquer que le loup est peu reconnaissable pour ce qu’il est ! »
« Après quelques modifications, je suis plus satisfait du résultat: le museau plus long a vraiment aidé, et la ‘patte’ Scheibler reste reconnaissable dans la pose, les proportions et les yeux en particulier.
(Petit bonus, le loup se retrouve le museau levé vers les cloches, un des heureux hasards de l’art 😄). Oui ce n’est pas tant une précision scientifique/anatomique que ‘symbolique’, reconnaissable dans son identité en somme.»
Pour la mise en couleurs, Alexis a imaginé une nouvelle méthode à base de main levée au lieu de remplir de manière globale une zone délimitée à l’avance autour de la charge, du coup on distingue plus les nuances de couches de couleurs. « Je trouve que ça ajoute une texture folle et ça émule plus le côté historique (…) ça permet aussi des petits écarts/dépassements comme on en retrouverait dans les manuscrits d’origine (encore que là je me demande si ce n'est pas excessif). En plus ça me confirme dans ma décision d’avoir de multiples nuances de couleurs : c’est vraiment ça qui donne un effet ‘brillant’ au Scheibler je pense, et particulièrement vif. »
« L’écusson est maintenant terminé, avec une technique de coloriage en ‘trois couches’. »
« D’abord, une teinte de couleur plus claire et désaturée est appliquée grossièrement sur les zones à colorier...»
« …puis une couleur plus foncée remplit les espaces restant afin de donner une variation de teinte marquée, dans un style historique, mais aussi pour appuyer certains endroits plus ombragés (bords, ‘arrière’, creux notamment)…»
« …enfin, une teinte ‘majeure’ est appliquée plus généreusement sur l’ensemble, afin d’unifier le tout. »
« Voilà ce qu’on obtient enfin quand on assemble le tout (sans le hachurage, que j’ai réalisé en dernier). »
« Un effet ‘brillant’ donné par la variation des couleurs. Le hachurage vient donc en dernier pour compléter ; il est placé près des jonctions, des parties situées ‘derrière’ dans l'écu, ou le côté senestre des objets plus lisses (le ‘sens’ de la lumière étant systématiquement de la gauche, l’orientation systématique du casque, de l’écu, des charges, etc. »
« Un assemblage sommaire fait de sources, de main levée et de l’écu lui-même servira de squelette au cimier ! »
« Après quelques tracés, le cimier est terminé ; ça va plus vite une fois le coup de main pris avec l’écu. »
« Après avoir choisis le modèle de lambrequin, place au brouillon ! A l’instar de l’écu - et à la différence du cimier -, la composition est ici très importante, c’est même un peu la ‘raison d’être’ de cet élément des armes : remplir l’espace et offrir un cadre à l’écu. »
« Et voilà pour les lignes ! »
Avant d’obtenir le magnifique résultat final ci-dessous :