Pyrénées ariégeoises
Loubet del Bayle

Loups

Histoire naturelle du loup

 

LoupOutre son nom scientifique, Canis lupus, le naturaliste Linné a donné, en 1758, au loup une place dans l’univers du vivant : le loup est un mamifère, de l’ordre des carnivores, appartenant à la famille des canidés et partageant le genre Canis avec sept autres espèces : le chien, trois espèces de chacal, le coyote, le loup d’Abyssinie qui n’a de loup que le nom et le loup rouge, croisement du loup et du coyote, dont l’existence porte à controverse.

Morphologie des loups

Le loup partage avec les autres membres de la famille des canidés des caractères anatomiques typiques. Les dents carnassières sont tranchantes, les molaires broyeuses. La face est allongée en museau. Prédateurs performants chassant leurs proies à la course, leurs membres sont bien dégagés du corps et présentent cinq doigts aux antérieurs, quatre aux postérieurs. Ces doigts sont munis de griffes qui, à la différence des félins, ne sont pas rétractiles.

LoupLa parenté avec le chien a porté à discussion. On a longtemps cru que le chien était la version domestiquée du loup. Aujourd’hui, il ne fait guère de doute qu’ils ne sont pas père et fils, mais cousins germains. Leur croisement est en revanche possible : les chiens esquimaux ont des loups dans leur généalogie, tout comme le célèbre berger allemand, le chien-loup.

Enfin, le loup s’est adapté de différentes manières dans sa grande aire de répartition. Des sous-espèces ont vu le jour. Cette subdivision est cependant contestée par les spécialistes. En Europe, tous les loups sont décrits comme des loups gris. Il existe cependant des différences considérables : en Italie et en Espagne, par exemple, les loups sont plus petits et plus roux, et surtout plus craintifs que les animaux vivant plus au nord. Selon les références on trouve de quinze à quarante sous-espèces, cependant la tendance aujourd’hui est à réduire considérablement cette liste de sous-espèces en considérant qu’il s’agit dans la majorité des cas d’adaptations locales de l’espèce Canis lupus.

Une vie de loups

Les loups vivent en meutes organisées selon une hiérarchie stricte ; la compétition y est sévère : se battre pour gagner et conserver une place, se battre pour la nourriture, se battre pour les femelles. Le plus fort (le loup alpha) mange le premier, partage la vie d’une femelle (alpha également) et peut espérer une descendance. Autour de lui s’organise la meute dont il a soumis les mâles et ce jusqu’à ce que son leadership soit remis en cause par un jeune plus vigoureux.

La meute varie du simple couple à la douzaine d’individus. Elle varie également selon la période de l’année : les principaux facteurs en sont la mortalité et les dispersions. Elle ne compte qu’une portée, celle du couple alpha ; mais les autres membres de la meute se révèlent d’excellents parents de substitution. Ce qui pourra s’avérer bien utile, car pour les louveteaux, la vie est dure. Dès la sortie de la lovière, la tanière où la louve met bas, ils apprennent le difficile art de la survie grâce au jeu. Les bagarres annoncent les disputes plus violentes qui structureront la hiérarchie des louveteaux devenus adultes.

Loup blancPour communiquer entre eux que ce soit pour exprimer la peur, l’anxiété, la domination ou la soumission, la protestation ou encore pour jouer ou avertir la meute de la présence d’un intrus, les loups utilisent tout un éventail de grognements, gémissements et brefs aboiements. Les loups ajoutent à ces signaux sonores des signaux visuels, principalement par l’expression de leur visage, leur posture et les mouvements et la position de leur queue. Un loup dans un état agressif aura par exemple le regard fixe, les babines retroussés, les crocs apparents, se tiendra droit les poils du dos hérissés et la queue levée pour chercher à impressionner. Inversement, un loup en état de soumission se fera plus petit, le regard fuyant et les oreilles baissés, la queue entre les jambes.

Les plus indisciplinés  vivront en marge de la meute attendant de pouvoir fonder la leur. Car le loup est un animal profondément social qui a besoin de la compagnie des siens : « Il a appris le sens de la famille dans la chaleur et la pénombre de la lovière. Jamais il ne l’oubliera. » (Geneviève Carbonne).

La vie en meute présente en plus d’autres avantages comme le fait de pouvoir attaquer des animaux plus grands qu’eux, de mieux gérer les réserves (pas de gaspillage chez les loups, on ne tue que le strict nécessaire) et… la gestion de la population de la meute afin de ne pas épuiser trop vite le territoire.

Louveteau jouantCette vie, malgré sa dureté (Paul-Émile Victor parle de « démocratie musclée »), offre parfois des moments de répit. Le loup n’est en effet pas ce monstre fourbe et cruel que le XIXe siècle s’est plu à décrire. Les adultes en couple font ainsi preuve de tendresse l’un envers l’autre. La bise dans le cou du salut amical devient un véritable baiser quand c’est le couple qui l’échange. Mordillement des lèvres et petits coups de langue précipitées sur les joues font partie des câlins que partagent les loups. Les louveteaux bénéficient également de toutes les attentions. Il n’est pas rare de voir un vieux dominant subir avec patience l’assaut impitoyable de louveteaux turbulents et joueurs.

Le hurlement du loup

Hurlement du loupLe hurlement est sans doute le moyen de communication le plus connu du loup. Les loups hurlent — entre autres — pour se rassembler et maintenir une cohésion dans le groupe. Ces chants avertissent également les loups aux alentours de la présence de la meute, afin de prévenir contre les intrusions. Tout comme les gémissements, les hurlements sont composés de plusieurs harmoniques ce qui donne l’impression que la meute qui hurle est beaucoup plus nombreuse qu’elle ne l’est réellement. Il arrive parfois qu’un loup solitaire hurle pour se signaler à un conjoint potentiel. Chaque loup a une fréquence vocale qui lui est propre et qui le distingue des autres.

« Le chant des loups devient alors comparable à une fanfare militaire qui donnerait le nom du général commandant la troupe et de celui de tous ses officiers et soldats… » (Paul Emile Victor).

Quand chassent les loups

Les loups sont par nature des prédateurs de grands animaux. Pourtant, dans le Grand Nord, les loups préfèrent manger des petits rongeurs, les lemmings, plutôt que les rennes, pourtant plus charnus. Ont-ils la flemme de les chasser? Nullement : les loups traquent les rongeurs parce qu’ils sont beaucoup plus gras que les rennes. Cette graisse stockée par l’organisme des loups les protège du froid.

Pour les grands mammifères, l’approche traditionnelle consiste à repérer l’élément le plus faible du troupeau (bisons par exemple), de l’épuiser par des courses et de le harassant en lui infligeant des morsures. Mais le combat n’est pas toujours gagné et il n’est pas rare de voir un bison encorner mortellement un de ses assaillants ; quand ce n’est pas un cerf qui le tue d’un coup de sabot.

Loup affaméLa curée fait l’objet d’un protocole strict. Le dominant fait valoir ses droits et se rassasie le premier, invitant sur la fin sa compagne. Puis, la meute peut se nourrir dans un désordre qui n’est qu’apparent : les plus forts mangent en effet toujours avant les plus faibles. Si par hasard, la proie était de grande taille (renne ou élan), la viande restante peut être mise en réserve dans des caches ; car par principe, le loup ne laisse jamais de carcasse qui ne soit entièrement nettoyée. Ceci tord au passage le cou à la légende qui présente le loup comme un animal sanguinaire et cruel. « La cruauté est un luxe que ne se permet aucun prédateur » pour reprendre la phrase de Paul Emile Victor.

A noter que le loup après s’être gavé de viande n’aspire qu’à une chose : dormir ! Titubant, il cherche un endroit pour faire une sieste réparatrice. Mais cela ne dure pas bien longtemps : après un somme d’à peine six heures, il a de nouveau faim. Et un loup qui a faim, est un loup qui chasse. Par principe, rien ne doit être exclu de son tableau de chasse : grands mammifères, petits mammifères, oiseaux, poissons, coquillages, insectes, tout est comestible ; même les charognes. Il lui arrive de manger des baies ou des fruits, mais uniquement quand la chasse se révèle peu satisfaisante.

Loups partants
Prédateur supérieur, le loup occupe le sommet de la hiérarchie des carnivores dans l’hémisphère nord.
Loup

Pro lupo


Éléments zoologiques


Un peu d’histoire


La légende du loup


Iconographie


Le loup dans les blasons


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